Je suis tombée. Je suis tombée d'un immeuble d'une cinquantaine d'étage. Je suis tombée comme ça, dans le vide. Sans moyen de me rattraper. Je suis tombée comme un sucre dans du café. Tomber à la renverse vers ma fin. Je suis tombée de ma chaise en cour d'histoire mais ici je m'en suis relevé. Je suis tombée dans un trou sans fond. Je suis tombée dans un gouffre, un gouffre de souffrance. Je suis tombée et je n'ai pas pu me relever. Je suis tombée du haut du toit de ma raison, tombée d'en haut de la tour Eiffel. Je me suis ramassé à la fin, la fin de la chute, la fin des tourments ? Je suis tombée, cette fois je n'arrive plus à me rattrapé à quelqu'un, à quelque chose. Tomber et ne pas essayer de se relever. Tomber car la vie nous a fait trébucher. J'ai trébuché sur ma route. Personne n'est arrivé à temps pour me rattraper. Personne n'a réussi à me rattraper. C'est dommage, je me suis fait mal cette fois. Je me suis fait mal au c½ur. Il saigne maintenant. Elle n'a pas réussi à m'arrêter. Il ne se préoccupe même plus de moi. Il m'a laissé tomber sans me regarder, sans m'entendre crier. Je suis tombée en haut de cet immeuble, du haut de ces cinquante étages, tout au fond du gouffre qui étais dessous l'immeuble, dessous le sol, dans le sol. Je suis tombée du ciel et j'ai atterris dans la boue et dans le noir. Je n'ai pas vu les étoiles. Je ne l'ai pas vu. Je n'ai rien vu. A par le noir autour de moi et les portes de la liberté devant moi mais je n'ai pas pu les atteindre : elles ont disparu aussitôt.
Je suis tombée amoureuse.