Mélanie se sent oppresser, bousculer par sa vie, faible et pathétique. Elle ne maîtrise plus grand chose, on la pousse pour aller plus loin qu'elle, on la double sur sa propre route. Elle se laisse faire. Elle s'assoit dans un coin, elle veut qu'on l'oublie, qu'on arrête d'être autour d'elle. Elle se fait toute petite et pourtant quelqu'un vient la tirer par les pieds en riant. Elle crie de frayeur, elle veut fuir. Elle veut pouvoir respirer de l'air frais, elle veut pouvoir courir après le temps et le rattraper. Elle aimerait vivre sans questions, elle voudrait vivre en paix. Alors, elle se réfugie dans les notes, elle n'écoute rien d'autre. Elle fuit dans la musique pour oublier que sa vie est banale, comme toutes celles de ses adolescents errants dans leur corps, ne sachant plus trop quoi faire. Elle se laisse entraîner, impuissante face au destin. Elle rit beaucoup pour ne pas montrer qu'elle vit mal mais elle lâche peu à peu prise sur ses rêves. Son courage n'est plus ce qu'il était. Il vacille. Au moindre coup de vent, il s'envole. A la moindre secousse, il se brise. Elle ne s'imaginait pas vivre un jour ce qu'elle reniait étant petite. Elle ne voulait pas faire ce que son frère lui montrait.
"Moi quand j'serais dans l'adolescence, ben je crierais pas après vous"... C'est ce qu'elle croyait.